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Cas d'usageNouveau 10 min

IA et gestion de l'eau : fuites, réseaux et qualité en 2026

L'eau potable est le service public le plus discret, jusqu'au jour où il manque. Chaque année, 126 milliards de m³ d'eau se perdent dans les réseaux de distribution du monde entier, soit environ 39 milliards de dollars, selon l'étude de référence publiée par l'IWA. Dans l'Union européenne, les pertes nationales varient de 8 % à 57 % selon les États membres, et la Commission a annoncé un seuil européen de fuites d'ici 2028 dans sa stratégie pour la résilience de l'eau du 4 juin 2025. Face à des réseaux vieillissants et à des sécheresses plus fréquentes, les distributeurs misent sur l'IA : détection de fuites par comparaison de débits, compteurs intelligents, prévision de la demande et surveillance de la qualité. Du programme WONE de Lisbonne à De Watergroep en Flandre et à la scale-up bruxelloise Shayp, voici ce que l'IA change pour la gestion de l'eau, vu de Belgique.

Article généré par l'IA. Contenu rédigé avec l'assistance d'un modèle d'intelligence artificielle, puis relu par un humain avant publication. Les chiffres cités renvoient à leurs sources, listées en fin d'article.
126 Md m³
d'eau perdus chaque année dans le monde, soit 39 Md$ (IWA, Liemberger & Wyatt)
8 à 57 %
de pertes selon les pays de l'UE ; seuil européen de fuites d'ici 2028 (Commission européenne)
8,5 %
d'eau non facturée à Lisbonne en 2015, contre 23,5 % en 2005, grâce au programme WONE (Climate-ADAPT)

L'eau devient un problème de données

Le secteur de l'eau cumule trois contraintes. D'abord, l'infrastructure est ancienne et enterrée : des dizaines de milliers de kilomètres de conduites, posées parfois il y a un siècle, invisibles jusqu'à la rupture. Ensuite, la ressource se raréfie : sécheresses plus longues, nappes sous pression, conflits d'usage entre agriculture, industrie et ménages. Enfin, les volumes perdus sont énormes : l'étude de Liemberger et Wyatt publiée par l'IWA estime l'eau non facturée mondiale à 126 milliards de m³ par an, valorisés à 39 milliards de dollars, deux à trois fois plus que les estimations antérieures de la Banque mondiale.

L'Europe a pris la mesure du problème. La stratégie européenne pour la résilience de l'eau, adoptée le 4 juin 2025, constate que les pertes nationales varient de 8 % à 57 % selon les États membres et annonce un seuil européen de fuites d'ici 2028 : les pays qui le dépassent devront soumettre des plans d'action nationaux. La stratégie érige aussi le principe « Water Efficiency First » et recommande d'améliorer l'efficacité hydrique de l'UE d'au moins 10 % d'ici 2030, en s'appuyant explicitement sur les compteurs intelligents et la télédétection.

Le marché suit la même pente : selon BCC Research, la gestion intelligente de l'eau devrait passer de 23,7 milliards de dollars en 2025 à 43,7 milliards en 2030, soit une croissance annuelle de 13 %. Pour les distributeurs, l'IA n'est pas un gadget : c'est le seul moyen d'exploiter les millions de mesures que produisent désormais compteurs, capteurs de pression et sondes de qualité.

Fuites : détecter avant de creuser

La lutte contre les fuites est le cas d'usage le plus rentable. Le principe : découper le réseau en zones de mesure (District Metered Areas), suivre les débits en continu, et laisser des modèles d'apprentissage comparer la consommation réelle à la consommation attendue. Un écart persistant, notamment la nuit, signale une fuite probable ; des capteurs acoustiques et des équipes de terrain la localisent ensuite au mètre près, avant que la chaussée ne s'affaisse.

L'exemple européen le plus documenté vient de Lisbonne. Le distributeur EPAL a développé en interne le programme WONE, qui surveille 158 zones de mesure et compare en continu usage attendu et usage réel. Résultat : l'eau non facturée est passée de 23,5 % en 2005 à environ 8,5 % en 2015, soit 135 millions de m³ économisés et près de 68 millions d'euros de gains cumulés en dix ans, pour un investissement initial d'environ 2 millions d'euros. La détection des fuites n'est donc pas qu'une mesure d'adaptation climatique : c'est un investissement rentable.

À retenir

À Lisbonne, chaque euro investi dans la détection des fuites pilotée par les données a rapporté plusieurs fois sa mise : 2 millions d'euros d'investissement initial, 68 millions d'euros d'économies cumulées en dix ans (Climate-ADAPT).

La logique rejoint celle de la maintenance prédictive industrielle : intervenir avant la panne coûte toujours moins cher que réparer après. Sur un réseau d'eau, l'IA aide aussi à prioriser le renouvellement des conduites : les modèles croisent âge, matériau, pression, historique de casses et nature du sol pour prédire quelles canalisations remplacer en premier.

En Belgique : compteurs numériques et détection intelligente

La Belgique avance concrètement. En Flandre, De Watergroep, qui exploite 34 495 km de conduites pour 3,3 millions de clients, a lancé un plan d'action combinant intelligence artificielle et détection intelligente des fuites : en 2021, ce dispositif lui a permis d'économiser 5 millions de m³ d'eau de plus qu'en 2020. L'entreprise installe par ailleurs 1,5 million de compteurs d'eau numériques d'ici 2030, qui alimenteront les algorithmes en données de consommation quasi temps réel.

De Watergroep s'est aussi associée au spécialiste belge HydroScan (Hydroware) pour détecter les fuites plus vite et plus précisément : le logiciel compare en continu la consommation réelle à la consommation « normale » prédite par des algorithmes, déclenche des alarmes en cas d'écart et quantifie le volume de la fuite. À Bruxelles, Vivaqua surveille quotidiennement la consommation des communes qu'elle dessert et investigue toute hausse suspecte, tandis que la scale-up bruxelloise Shayp équipe bâtiments publics et parcs immobiliers de capteurs et d'algorithmes qui repèrent les fuites internes en temps réel.

Compteurs intelligents

Relevés à distance, profils de consommation, alerte fuite chez le client : la base de données qui rend l'IA possible.

Détection de fuites réseau

Comparaison débit réel / débit prédit par zone de mesure, capteurs acoustiques et priorisation des interventions.

Renouvellement prédictif

Modèles de risque de casse par tronçon pour investir là où le réseau est le plus fragile.

Fuites dans les bâtiments

Capteurs sur le compteur et algorithmes de profil : chasses d'eau qui coulent, conduites percées, robinets oubliés.

Prévoir la demande, piloter le réseau, surveiller la qualité

Au-delà des fuites, l'IA sert à prévoir la demande : les modèles croisent météo, saisonnalité, jours fériés et historique pour anticiper les pics de consommation et dimensionner production et pompage. Comme le pompage et le traitement sont énergivores, optimiser les horaires de pompage en fonction de la demande prévue et des prix de l'électricité réduit la facture énergétique des distributeurs.

La qualité de l'eau profite du même outillage : des sondes mesurent en continu turbidité, chlore ou conductivité, et des modèles de détection d'anomalies signalent toute dérive avant qu'elle n'atteigne le robinet. Dans les stations d'épuration, l'IA ajuste l'aération des bassins, premier poste de consommation électrique, et anticipe les à-coups de charge liés aux pluies. Enfin, les jumeaux numériques de réseaux d'eau permettent de simuler une casse, une pollution ou un nouveau quartier avant de toucher au réseau réel.

Ce que dit la réglementation

L'eau est un secteur régulé, et l'usage de l'IA y est encadré à plusieurs niveaux.

Passer à l'action

1

Cartographier les données

Compteurs, capteurs de pression, SCADA, historiques de casses et de consommation : recenser ce qui existe et évaluer sa qualité.

2

Commencer par les fuites

Découper le réseau en zones de mesure et déployer la détection d'anomalies : c'est le cas d'usage au ROI le plus rapide et le mieux documenté.

3

Cadrer la conformité

Aligner le projet sur NIS2, l'AI Act et le RGPD dès la conception, en particulier pour les données de compteurs intelligents.

4

Industrialiser

Passer du pilote à l'exploitation avec MLOps, surveillance de dérive des modèles et boucle de réentraînement continue.

Questions fréquentes

Comment l'IA détecte-t-elle les fuites d'eau ?

Le réseau est découpé en zones de mesure et des modèles comparent en continu la consommation réelle à la consommation prévue : tout écart persistant, notamment la nuit, signale une fuite probable, ensuite localisée par capteurs acoustiques. À Lisbonne, ce principe a fait passer l'eau non facturée de 23,5 % à environ 8,5 % en dix ans ; en Flandre, De Watergroep a économisé 5 millions de m³ supplémentaires en un an.

Qu'est-ce que l'eau non facturée (non-revenue water) ?

La différence entre le volume injecté dans le réseau et le volume facturé : fuites, compteurs défaillants, branchements illégaux. L'étude de Liemberger et Wyatt (IWA, 2019) l'estime à 126 milliards de m³ par an dans le monde, soit environ 39 milliards de dollars.

Que prévoit l'Europe contre les fuites d'eau ?

La stratégie européenne pour la résilience de l'eau (4 juin 2025) constate des pertes nationales de 8 à 57 % et annonce un seuil européen de fuites d'ici 2028, avec plans d'action nationaux pour les pays qui le dépassent, le principe « Water Efficiency First » et un objectif d'efficacité hydrique d'au moins 10 % d'ici 2030.

L'IA dans le secteur de l'eau est-elle réglementée ?

Oui : NIS2 classe l'eau potable et les eaux usées parmi les secteurs hautement critiques, l'AI Act encadre les systèmes d'IA utilisés comme composants de sécurité des infrastructures critiques, et le RGPD s'applique aux données des compteurs intelligents.

Sources

  1. Liemberger R. et Wyatt A., Quantifying the global non-revenue water problem, Water Supply 19(3), IWA Publishing, 2019 (126 milliards de m³ d'eau non facturée par an dans le monde, valorisés à 39 milliards de dollars). iwaponline.com
  2. Commission européenne, Stratégie européenne pour la résilience de l'eau, communication du 4 juin 2025 (pertes nationales de 8 % à 57 % ; seuil européen de fuites d'ici 2028 et plans d'action nationaux ; principe « Water Efficiency First » ; objectif d'efficacité hydrique d'au moins 10 % d'ici 2030). commission.europa.eu
  3. Climate-ADAPT (Agence européenne pour l'environnement), Private investment in a leakage monitoring program to cope with water scarcity in Lisbon, Portugal (programme WONE d'EPAL : eau non facturée de 23,5 % en 2005 à environ 8,5 % en 2015 ; 135 millions de m³ et environ 68 millions d'euros économisés en dix ans ; 158 zones de mesure ; environ 2 millions d'euros d'investissement initial). climate-adapt.eea.europa.eu
  4. De Watergroep, Jaarresultaten 2021, 10 juin 2022 (5 millions de m³ économisés en plus qu'en 2020 grâce à l'IA et à la détection intelligente des fuites ; 1,5 million de compteurs numériques d'ici 2030 ; 34 495 km de conduites ; 3,3 millions de clients). dewatergroep.be
  5. De Watergroep et Hydroware (HydroScan), Hydroware en De Watergroep slaan handen in elkaar om waterlekken sneller, efficiënter en preciezer op te sporen (comparaison continue entre consommation réelle et consommation prédite par algorithmes, alarmes et quantification des fuites). dewatergroep.be
  6. BCC Research, Global Smart Water Management Market (23,7 milliards de dollars en 2025, 43,7 milliards en 2030, croissance annuelle de 13 %). bccresearch.com
  7. Union européenne, Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), directive (UE) 2022/2555 (NIS2) et directive (UE) 2020/2184 (eau potable) : IA composant de sécurité des infrastructures critiques classée à haut risque ; eau potable et eaux usées secteurs hautement critiques ; évaluation obligatoire des taux de fuite. eur-lex.europa.eu

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