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Souveraineté 8 min

Le « Sovereignty Act » européen : ce que l'UE propose vraiment

Le « Sovereignty Act européen » n'est pas le nom d'une loi unique. L'expression désigne le paquet européen de souveraineté technologique, présenté par la Commission le 3 juin 2026. Sa pièce maîtresse pour le cloud et l'IA est le projet de Cloud and AI Development Act, le CADA. Voici ce qu'il change, et ce que les entreprises devraient déjà vérifier.

Un paquet, pas une loi unique

Le 3 juin 2026, la Commission européenne a présenté un European Technological Sovereignty Package. Il regroupe plusieurs textes : le projet de Cloud and AI Development Act (CADA), un Chips Act 2.0, une stratégie pour l'open source et une feuille de route pour l'IA dans l'énergie. C'est donc un ensemble de mesures, pas un règlement unique appelé « Sovereignty Act ».

3 juin
Présentation du paquet souveraineté (2026)
×3
Capacité de data centers visée en 5 à 7 ans
4
Niveaux de souveraineté définis par le CADA

Ce que vise le CADA

Au 18 juin 2026, le CADA reste une proposition de règlement : il n'est ni adopté ni applicable. Il poursuit trois objectifs. D'abord la recherche et l'innovation dans le cloud et l'IA de nouvelle génération. Ensuite la capacité : tripler au minimum la capacité européenne de centres de données en cinq à sept ans, en levant les obstacles de permis, d'énergie, de foncier, d'eau et de financement. Enfin l'autonomie : un cadre commun pour évaluer la souveraineté des services cloud et IA, et un critère de « valeur ajoutée européenne » dans les marchés publics.

L'enjeu, en une phrase

« Nous voulons être sûrs que personne ne dispose d'un kill switch », a résumé la Commission lors de la présentation. Elle identifie deux vulnérabilités : un déficit structurel de capacité de centres de données, et une dépendance à un petit nombre de fournisseurs cloud non européens.

Les quatre niveaux de souveraineté

Le CADA prévoit quatre niveaux d'assurance que le secteur public pourrait exiger selon son analyse de risque. Les fournisseurs seraient évalués et reconnus après audit.

1

Données dans l'Union

Traitement et stockage sur une infrastructure située dans l'UE. Cela répond à la localisation, mais pas, à lui seul, au contrôle.

2

Indépendance et transparence

Le fournisseur démontre son indépendance vis-à-vis des pays tiers et la transparence de sa chaîne logicielle.

3

Propriété et contrôle depuis l'UE

Le fournisseur est détenu et contrôlé depuis l'Union, avec des critères supplémentaires. Une reconnaissance d'un acteur tiers reste possible sous conditions.

4

Contrôle maximal de la chaîne

Transparence et contrôle complets sur la chaîne logicielle, sans ingérence d'un pays tiers. Pour les usages les plus sensibles.

Héberger en Europe n'est pas être souverain

Trois notions différentes

Une entreprise américaine peut exploiter un data center en Belgique ou en France. Les données sont alors dans l'Union, mais le fournisseur peut rester soumis à une maison mère, à des technologies propriétaires ou à des obligations d'un pays tiers. Dans la logique du CADA, l'hébergement dans l'Union n'est que le premier niveau. Conformité RGPD, résidence des données et souveraineté sont trois choses distinctes.

Et les IA américaines ?

Le projet n'interdit pas les IA américaines en Europe. Il crée une méthode commune d'évaluation et oriente surtout les choix du secteur public et des secteurs critiques selon le niveau de risque. Une entreprise privée pourra continuer à utiliser des fournisseurs non européens, mais devra évaluer plus finement les transferts internationaux, le droit applicable, les sous-traitants, le chiffrement, la réversibilité et la continuité du service.

Ce que vérifier dès aujourd'hui

Sans attendre l'adoption du CADA, vous pouvez déjà appliquer sa logique à vos fournisseurs.

Pour de la bureautique courante, un niveau maximal est rarement nécessaire. Pour des données de santé, des secrets industriels ou des systèmes critiques, les exigences doivent être nettement plus fortes. Commencez par la criticité de la donnée, pas par le fournisseur.

Ce qu'il faut retenir

Le « Sovereignty Act » est une expression commode mais imprécise. Le vrai fait de juin 2026, c'est le paquet de souveraineté technologique, dont le CADA est la pièce centrale. Le message pour les entreprises : évaluer non seulement la sécurité et le RGPD, mais aussi le contrôle, la juridiction, la chaîne logicielle, la réversibilité et la dépendance stratégique.

Sources

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Évaluer ma souveraineté

Transparence : cet article a été rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle, puis relu par Molderez Consult. Information générale, vérifiée le 18 juin 2026 ; le CADA est encore une proposition et son contenu peut évoluer.

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